Régime ou jeûne : quel est le plus efficace pour perdre du poids ?

Jun 1, 2017 par

Selon les estimations, sept femmes sur dix et un homme sur deux en France souhaiteraient perdre du poids. Dans cette quête, les régimes et plus récemment le jeûne occupent une place importante. Mais laquelle de ces pratiques s’avère la plus efficace ? Une récente étude américaine apporte quelques réponses à cette question.

perdre du poids


Régime et jeûne pour perdre du poids

Nombreux sont les Français qui souhaitent garder le contrôle de leur poids, surtout lors de l’arrivée du printemps. De plus, le surpoids et l’obésité constituent des facteurs de risque cardiovasculaire importants. Dans ce contexte, une grande variété de régimes alimentaires fleurit, parmi lesquels les régimes hypocaloriques, les régimes dissociés, les régimes protéinés, les régimes sans sucre, les régimes sans graisses, etc. Ces régimes sont mis en œuvre, soit directement par les personnes désireuses de perdre du poids, soit prescrits et encadrés par un nutritionniste ou un diététicien.

Plus récemment, une pratique devient très en vogue, le jeûne, en particulier dans le cadre des cures dites « détox ». Le jeûne correspond à la privation de nourriture, accompagnée ou non d’une privation de boisson. Traditionnellement, le jeûne est une pratique associée à certaines religions, par exemple le Carême des Catholiques ou le Ramadan des Musulmans. Aujourd’hui, il est de plus en plus utilisé, de manière intermittente, pour perdre du poids et améliorer le fonctionnement de l’organisme. Ainsi, plusieurs études chez l’animal ont suggéré que le jeûne, pratiqué raisonnablement, pourrait allonger la durée de vie.

Mais alors, des régimes ou du jeûne, laquelle de ces deux pratiques est la plus efficace pour perdre du poids ?

Quelle efficacité sur la perte de poids ?

Plusieurs études avaient montré que le jeûne pouvait donner des résultats intéressants : une perte de poids de 3 à 7 % du poids initial après 2 à 3 mois, une amélioration du profil lipidique, de la tension artérielle et de la sensibilité à l’insuline. Récemment des chercheurs ont souhaité comparer l’efficacité respective du jeûne alterné et d’un régime restrictif sur la perte de poids, le maintien du poids et le risque cardiovasculaire.

A savoir ! Le jeûne alterné, ou jeûne intermittent, consiste à alterner les périodes de jeûne et de reprise d’une alimentation saine et équilibrée. La durée respective des phases varie selon les pratiques, de quelques jours à quelques semaines.

L’essai clinique a été mené aux USA entre 2011 et 2015 auprès d’une centaine d’hommes et de femmes en bonne santé, âgés de 18 à 65 ans, ayant un indice de masse corporelle compris entre 25,0 et 39,9 et un poids instable sur les trois derniers mois (plus de 4 kg de gain ou de perte). Les participants, recrutés par voie publicitaire, ont été répartis aléatoirement en trois groupes :

  • Un groupe « jeûne alterné » ;
  • Un groupe « régime restrictif quotidien » ;
  • Un groupe contrôle.

L’étude s’est étalée sur une année, divisée en trois phases :

  1. Une phase de base pendant 1 mois : les participants mangeaient selon leurs habitudes et devaient maintenir un poids stable ;
  2. Une phase de perte de poids pendant 6 mois : les participants du groupe « jeûne alterné » devaient consommer 25 % de leurs apports énergétiques quotidiens les jours de jeûne et 125 % les autres jours, tandis que ceux du groupe « régime restrictif » devaient consommer quotidiennement 75 % de leurs apports énergétiques quotidiens ;
  3. Une phase de maintien de poids pendant 6 mois : les participants du groupe « jeûne alterné » devaient consommer 50 % de leurs apports énergétiques quotidiens les jours de jeûne et 150 % les autres jours, tandis que ceux du groupe « régime restrictif » devaient consommer quotidiennement 100 % de leurs apports énergétiques quotidiens

Pas de différence notable sur un an

Les résultats de l’étude montrent que la perte de poids moyenne est similaire dans les groupes « jeûne alterné » et « régime restrictif », aussi bien à 6 mois (6,8 % de perte par rapport au poids initial), qu’à 12 mois (6 % de perte par rapport au poids initial). Aucune différence significative entre ces deux groupes n’a été observée au niveau de plusieurs paramètres médicaux (tension artérielle, fréquence cardiaque, taux de triglycérides, glycémie à jeun, taux d’insuline à jeun, résistance à l’insuline, taux de protéine C réactive (protéine indicatrice de l’inflammation), concentrations d’homocystéine (marqueur de risque cardiovasculaire).

Au niveau du cholestérol, les taux moyens d’HDL-cholestérol (« bon cholestérol ») étaient significativement augmentés dans le groupe « jeûne alterné » mais seulement à 6 mois. En revanche, les taux moyens de LDL-cholestérol (« mauvais cholestérol ») étaient significativement supérieurs dans ce groupe sur toute la durée de l’étude.

Les résultats de cette étude comportent néanmoins plusieurs biais importants. Tout d’abord, de nombreux participants n’ont pas poursuivi l’étude jusqu’à son terme, particulièrement dans le groupe « jeûne alterné ». De plus, la majorité des participants étaient des femmes obèses en bonne santé, qui ne sont donc pas représentatives de l’ensemble de la population.

En observant les comportements alimentaires, les chercheurs ont par ailleurs noté que les participants du groupe « jeûne alterné » mangeaient des quantités supérieures à celles recommandées pour les jours de jeûne et des quantités inférieures les autres jours. A l’inverse, les participants du groupe « régime restrictif » respectaient les consignes de prises alimentaires.

D’après cette étude, le jeûne alterné et le régime restrictif ont une efficacité comparable après un an. Les résultats n’incitent donc pas à promouvoir le jeûne alterné au détriment du régime restrictif, d’autant plus que les participants ont montré une adhésion plus faible à cette pratique. Reste donc à chacun le libre choix d’opter pour l’une ou l’autre des méthodes pour perdre du poids !

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– Effect of Alternate-Day Fasting on Weight Loss, Weight Maintenance, and Cardioprotection Among Metabolically Healthy Obese Adults. Trepanowski JF and al. 2017. JAMA Intern Med. Doi:10.1001/jamainternmed.2017.0936.

Estelle B.

Pharmacienne

Spécialiste de l’information médicale et de l’éducation thérapeutique du patient.

Passionnée par les domaines de la santé et de l’environnement marin.

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